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Dissertation : Pensez-vous que le rôle d'un écrivain soit de s'engager pour des causes?




Sujet : Voltaire a dit “J'écris pour agir”. Pensez-vous que le rôle d'un écrivain soit de s'engager pour des causes?




Dissertation : 

Au XVIIIe siècle, de nombreux auteurs ont mis leur art au service de la pensée des Lumières. Ainsi, Condorcet, dans son essai intitulé Réflexion sur l'esclavage des nègres (1781), lutte pour l'égalité de tous les hommes et pour la cause abolitionniste. Cette visée argumentative de l'oeuvre littéraire est aussi défendue par Voltaire qui affirme : “J'écris pour agir”. La littérature aurait donc pour but, selon le philosophe,de porter les idées de l'auteur pour les causes qui lui tiennent à coeur. Voltaire soulève ainsi la question du rôle de l'oeuvre littéraire : dans quelle mesure doit-elle être un outil de lutte? Il s'agira tout d'abord de montrer que la littérature peut être un moyen efficace de diffuser les idées de l'écrivain, pour ensuite étudier les autres intérêts de l'écriture. Enfin, la dimension multifonctionnelle de l'oeuvre littéraire sera étudiée.


Tout d’abord, la littérature peut se montrer propice à l’expression des opinions de l’auteur. L’homme de lettres peut ainsi dénoncer ce qui le scandalise parce qu'il est une figure de penseur dans la société, mais aussi parce qu'il sait déjouer les interdictions.
Plusieurs genres ont en effet pour but de dénoncer. Certaines formes d’écriture sont par nature engagées. Le pamphlet, texte court qui fait le blâme virulent et explicite d’une personne ou d’un évènement  apparaît comme un outil efficace de transmission des idées. On peut ainsi penser au Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire. Dans cette œuvre, le grand écrivain du XXe siècle fait une critique violente de la colonisation.. De nombreux auteurs ont su utiliser leur plume pour lutter contre les injustices. C’est par exemple le cas des articles de l'Encyclopédie qui ont permis de diffuser les idées des Lumières sur le pouvoir monarchique, la guerre ou encore l'esclavage. L'écrivain se présente donc comme un acteur de la société dans laquelle il vit et l'avantage de l'art est qu'il permet parfois de déjouer la censure et d'imposer les réflexions critiques malgré les interdictions.
Ainsi, Voltaire critique discrètement l'aristocratie qui détient le pouvoir dans l'incipit de Candide. La dénonciation n'est toutefois pas interdite car elle se loge dans un texte particulièrement ironique qui peut déjouer la censure. Montesquieu, dans l'Esprit des lois, use du même stratagème pour amener son lecteur attentif vers une réflexion contre l'esclavage, dans le célèbre chapitre “Sur l'esclavage des nègres”. Au siècle précédent, c'est la figure du lion chez La Fontaine qui apparaît parfois comme l'image du roi, dans laquelle peut éventuellement se reconnaître Louis XIV : dans “la Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion”, le roi des animaux impose sa tyrannie et se présente comme le miroir discret du pouvoir abusif. Il s'octroie ainsi toutes les parts du gibier chassé, privant de nourriture ses trois associées.
L'auteur ne cherche cependant pas toujours à faire de l'oeuvre littéraire le support d'un message engagé.


En effet, la littérature peut avoir d'autres intérêts que de véhiculer des idées. Le lecteur peut rechercher dans les livres un divertissement ou un simple miroir du monde dans lequel il vit.
Le succès du roman est ainsi dû au plaisir que procure sa lecture. S'attacher à un héros et suivre ses aventures peut être l'unique visée de l'oeuvre. Certains auteurs se fixent ainsi pour but de procurer au lecteur un simple moment de divertissement. Les romans policiers correspondent tout particulièrement à ce type d'ouvrages. Avec la série des Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle a ouvert la voie à un genre qui connaît un grand succès. La série Millenium du Suédois Stieg Larsson ou encore les millions d'exemplaires du Da Vinci Code de Dan Brown vendus témoignent bien de l'attirance des lecteurs pour ces histoires palpitantes. Chez les plus jeunes, c'est la série des Harry Potter de J.K.Rowling qui prouve encore le rôle important de la littérature dans les loisirs.
Au-delà du simple divertissement, l'oeuvre littéraire peut être un témoignage objectif d'une époque, sans chercher à combattre pour une cause. Les auteurs réalistes et naturalistes ont ainsi laissé dans leurs romans de fidèles images de la société française du XIXe siècle. Dans L'Assommoir, Zola peint la descente aux enfers de Gervaise et Coupeau, ouvriers alcooliques, et dresse le portrait des quartiers les plus populaires de la capitale. Maupassant, dans ses nouvelles, nous donne une image réaliste de la triste vie des petits employés de ministères et des paysans du pays de Caux. Dans Toine, par exemple, c'est toute une communauté normande qui est immortalisée, dans ses habitudes et son langage qui se fait entendre au style direct
La littérature apparaît dès lors comme un moyen d'instruire sur une période historique, tout en racontant une histoire. Le problème soulevé par la remarque de Voltaire peut trouver là sa solution : la complexité de l'oeuvre littéraire lui permet d'instruire et plaire en même temps.


Ainsi, certains genres littéraires plaisants dénoncent en filigrane ce qui scandalise les écrivains. Leur pouvoir est d'agir en divertissant. Le voile de la fiction peut se montrer d’une grande efficacité. C’est-ce que prône Horace, le poète latin, avec sa théorie du « placere et docere ». L’apologue est ainsi une forme privilégiée de l’engagement en littérature. Dans ses Fables, Jean de La Fontaine dénonce les travers humains de ses concitoyens, sous Louis XIV. La loi du plus fort ne dénonce-t-elle pas la monarchie absolu d’un Louis XIV, déguisé sous les traits d’un loup cruel s’attaquant à un agneau si attachant pour le lecteur? Les contes philosophiques de Voltaire au siècle des Lumières font de même. Candide est certes un conte agréable, mais c’est également une dénonciation de l’optimisme, et aussi de l’esclavage à travers l’épisode du nègre de Surinam. De plus, la critique peut se cacher dans les pièces de théâtre, notamment les comédies. On ne manquera pas de penser aux pièces de Molière. Sa comédie classique est pleine d’une vive critique de la société du XVIIe siècle. Molière s’attaque notamment aux médecins dans des pièces telles que Le Médecin malgré lui ou L’Amour Médecin. “Agir” n'est donc pas inconciliable avec le divertissement, ni avec la beauté esthétique du langage littéraire.
La Fontaine le rappelle dans “Le Cygne et le Cuisinier” : “Le doux parler ne nuit de rien”. Pour convaincre, l'auteur engagé peut en effet user du plaisir de la lecture. Ainsi, pour persuader de l'importance de l'harmonie du texte afin d'inciter le lecteur à “considérer la fin” en toute chose, le fabuliste, dans la préface de son ouvrage, nous propose deux versions bien insipides du “Renard et le Bouc”. C'est la version versifié du livre III qui transmettra le mieux la morale, s'imprimant de façon agréable dans les vers. De la même manière, durant la seconde guerre mondiale, de nombreux poètes ont fait le choix de l'engagement dans la Résistance et ont mis leur art au service de cette cause. Paul Eluard, Robert Desnos ou encore Louis Aragon ont ainsi créé des chefs d'oeuvre d'harmonie poétique qui dénoncent les cruautés nazies. La beauté et la lutte se mêlent ainsi pour une plus grande efficacité dans la poésie.



La littérature apparaît donc comme un espace de liberté dans lequel chacun peut mener le combat qui lui tient à coeur ou laisser son art s'épanouir sans autre but que la beauté esthétique. Les auteurs disposent d’une multiplicité de moyens pour exprimer leurs opinions. Ils peuvent en effet dénoncer ce qui les scandalise avec des œuvres explicitement argumentatives. Le plaisir de la lecture peut cependant être une fin en soi, ou même être le moyen de renforcer la portée argumentative du texte. Les écrivains peuvent dès lors concilier engagement et création artistique. A leur suite, les chanteurs mêlent parfois au plaisir de la musique des engagements forts. Jean Ferrat a ainsi mis en chanson de nombreux poèmes de Louis Aragon et a créé des textes originaux qui visent à rappeler à chacun le génocide juif afin de ne pas reproduire les horreurs de l'histoire.

Dissertation : Dans quelle mesure l' oeuvre littéraire peut-elle être à la fois source de plaisir et moteur de réflexion pour le lecteur?






Dissertation, La Fontaine





Sujet : Dans « Le Pâtre et le Lion », qui ouvre le livre VI des Fables, La Fontaine écrit : « Les fables ne sont pas ce qu'elles semblent être./Le plus simple animal nous y tient lieu de maître./Une morale nue apporte de l'ennui;/Le conte fait passer le précepte avec lui./En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire,/Et conter pour conter me semble peu d'affaire. »
Pensez-vous, comme le fabuliste, que la littérature puisse instruire et plaire tout à la fois?



(Intro°) Dans Phèdre, Platon met en scène Socrate devisant avec le jeune homme. Il l'amène à comprendre que l'éloquence doit s'appuyer sur la réalité et être au service de la vérité. Dès l' Antiquité, l'art du langage apparaît donc comme le moyen d'instruire. C'est d'ailleurs cette visée de la littérature que La Fontaine défend dans « Le Pâtre et le Lion », premier apologue du livre VI des Fables de 1668. Il y affirme que « Les fables ne sont pas ce qu'elles semblent être./Le plus simple animal nous y tient lieu de maître./Une morale nue apporte de l'ennui;/Le conte fait passer le précepte avec lui./En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire,/Et conter pour conter me semble peu d'affaire. » La fiction de la fable servirait donc l'enseignement qu'elle porte et, inversement, la leçon apporterait un intérêt supplémentaire au conte. Divertissement et enseignement se nourriraient donc l'un l'autre, au sein de la même oeuvre, et l'un sans l'autre ne comporterait qu'un faible intérêt. Cette réflexion de La Fontaine soulève donc la question du rôle de la littérature : dans quelle mesure l' oeuvre littéraire peut-elle être à la fois source de plaisir et moteur de réflexion pour le lecteur? Il s'agira tout d'abord d'analyser comment le livre peut concilier une double visée, divertissante et argumentative, pour ensuite montrer que l' écrivain peut aussi avoir un rôle purement engagé, et séparer son art de ses combats. Enfin, le plaisir esthétique sera étudié afin d'interroger ce qu'il apporte au lecteur, même lorsqu'il ne se veut pas didactique.




I) Comme La Fontaine l'affirme, certains textes littéraires rendent compatibles l'enseignement et le plaisir de la lecture. Ainsi, certains font passer l'idée qu'ils portent grâce au divertissement. D'autres encore comportent un sens profond qui se loge au sein de la beauté esthétique de l' oeuvre. Enfin, certains ouvrages se montrent d'une grande efficacité argumentative parce qu'ils savent toucher le lecteur.

I)A) De nombreux auteurs choisissent d'instruire leur lecteur tout en l'amusant. La leçon est ainsi plus agréable et marque davantage. C'est ce que fait Molière pour dénoncer les travers de la société du XVIIème siècle. Par ses comédies, il fait rire son public et l'amène à réfléchir, dans la gaieté, aux défauts de la société. Ainsi dans le Bourgeois Gentilhomme, M. Jourdain est ridiculisé car il veut absolument devenir noble. Le dramaturge se moque, par le biais de son personnage, des ambitions aristocratiques absurdes de son temps et raille les profiteurs, tout en dénonçant les mariages arrangés. Au siècle suivant, Voltaire choisit lui aussi de distraire son lecteur pour l'amener à réfléchir sans l'ennuyer. Dans son conte philosophique Candide, il dresse un portrait élogieux de la guerre et des massacres qu'elle engendre, qui ne peut que faire rire. L'ironie y est grinçante lorsqu'il affirme que « rien n'était si beau, si leste, si brillant que les deux armées ». Cet inattendu éloge contraste avec le massacre d'êtres humains sur le champ de bataille et la terreur qui envahit alors le personnage éponyme. En lisant les aventures de Candide, nous éprouvons ainsi le plaisir de la lecture, mais aussi celui de la réflexion qu'elle motive, contre la guerre. Maupassant quant à lui nous instruit sur la société du XIXème siècle par l'image qu'il en laisse dans ses contes réalistes comme les Contes du jour et de la nuit ou Toine. Sur le mode comique, cette dernière nouvelle dresse ainsi un paysage naturaliste de la campagne normande du temps de Maupassant et nous informe des réalités sociales du XIXème siècle tout en nous faisant passer un agréable moment. Le patois et les situations créent ainsi un effet comique qui nous instruit de manière agréable sur la vie à l'époque de l'auteur. La leçon passe mieux lorsqu'elle est amusante, La Fontaine l'a lui aussi bien compris et en fait la démonstration dans sa préface des Fables : l'histoire de « Crassus allant contre les Parthes » est bien moins captivante que sa version allégorique du « Renard et le Bouc ». La transposition animalière rend le récit amusant et la morale, quoiqu'identique, est bien mieux assimilée lorsqu'elle passe par un récit divertissant : « En toute chose il faut considérer la fin ».

I)B) C'est toujours par cet apologue que le fabuliste nous prouve que la conciliation entre instruire et plaire passe aussi par la beauté esthétique. En effet, au livre III du recueil, La Fontaine nous propose la version versifiée du « Renard et le Bouc ». Le récit enjoué de la préface se mue alors en véritable poème. Les sonorités et les effets de rythme rendent la personnification encore plus agréable. Le plaisir n'est plus divertissement mais appréciation de l'art des vers. Dans « le Cygne et le Cuisinier », le fabuliste rappelle encore cette conception et ce pouvoir qu'il attribue à la littérature : le cygne sauve sa vie grâce à son chant, analogue à la parole poétique. La morale affirme cette puissance de la beauté des lettres : « Le doux parler ne nuit de rien », il peut en effet être le vecteur de messages très profonds. La leçon passe par la beauté des vers. La Fontaine s'appuie ainsi sur la volonté du poète latin Horace qui prône dans son Art poétique la théorie du « placere et docere », instruire et plaire. Le lecteur séduit par un langage esthétique peut être plus apte à entendre le message de l'auteur. C'est sur cette fonction de l'art qu'ont compté les poètes de la Résistance, pendant la seconde guerre mondiale. Aragon, Desnos ou encore Paul Eluard ont ainsi mis leur art au service de la lutte. Certains poèmes imprimés clandestinement étaient ainsi diffusés en territoire occupé. Ces feuillets visaient à redonner espoir aux Français. Eluard clame d'ailleurs le rôle que la poésie doit jouer dans les combats de son pays dans un ouvrage collectif intitulé L'Honneur des poètes. Cette beauté esthétique porteuse d'un discours argumentatif passe aussi par d'autres pratiques artistiques. Ainsi, le peintre Picasso, en réaction aux bombardements pendant la guerre civile espagnole, propose une immense toile dont chacun se souvient : Guernica. L'utilisation du noir et blanc, les lignes dynamiques et les figures humaines et animales destructurées suggèrent la violence des combats. L'art qui se déploie sur la toile devient ainsi porteur du message de paix du peintre. Le discours didactique passe grâce à l'esthétique du tableau, qui suscite chez le spectateur de vives émotions.

I)C) En effet, si l' oeuvre d'art peut à la fois instruire et plaire, c'est qu'elle est apte à toucher le lecteur. L'artiste a ce pouvoir de provoquer des sentiments très forts à travers ses écrits. Le roman de Camus intitulé La Peste, peut ainsi se lire comme un apologue retraçant l'expansion des fascismes dans l'Europe des années trente jusqu'à la seconde guerre mondiale. La peste qui envahit la ville d'Oran, prenant en otage des habitants innocents, est analogue à la montée du nazisme. Les ravages causés sur les innocents ne peuvent que toucher profondément le lecteur. Au centre du roman, Camus retrace ainsi l'agonie et la mort d'un enfant, n'épargnant aucun détail sordide. Le registre pathétique à l' oeuvre dans ce passage suscite la pitié et l'indignation du lecteur, appelé à la révolte contre cette injustice. C'est aussi la compassion que Voltaire cherche à faire naître chez le lecteur de Candide, dans l'épisode dit du « Nègre de Surinam ». L'esclave que rencontre le héros est ainsi en position humiliante, allongé par terre et à moitié nu. Par ailleurs, il est mutilé : il lui manque un bras et une jambe, que son maître lui a tranchés. Le lecteur du XVIIIème siècle, scandalisé par cette image d'une grande violence, ne peut qu'être amené à réfléchir sur la légitimité de l'esclavage. C'est dans cette même lutte que s'engage Condorcet dans son Discours sur l'esclavage des nègres. L'ouverture de cet essai n'est pas divertissante mais peut instruire et plaire parce qu'elle touche le lecteur. En effet, l'auteur s'y adresse directement aux esclaves qu'il plaint et dont il prend la défense, sous la forme épistolaire. Cet élan d'humanisme peut être bouleversant pour le lecteur et l'amener à se positionner à son tour contre l'esclavage. Plus récemment, dans les années cinquante, Aimé Césaire nous amène à réfléchir contre la colonisation dans son Discours sur le colonialisme. L'implication forte du poète de la Négritude dans son pamphlet capte notre attention. Le lecteur est ainsi happé par la puissance du texte. Les ravages de la colonisation qu'il dénonce sont mis en valeur par de nombreux procédés oratoires qui résonnent dans la tête du lecteur, le menant, après l'émotion première, sur la voie de la réflexion.
L'auteur peut donc instruire et plaire à la fois : le plaisir se met alors au service de la visée didactique dans le divertissement que peut constituer la lecture. L' oeuvre littéraire se fait aussi puissant vecteur de valeur par sa beauté esthétique, propice à susciter des émotions chez le lecteur. Certains auteurs cependant choisissent de dissocier leur pratique artistique de leur engagement personnel.  

Dissertation : La littérature est-elle nécessairement synonyme d'engagement ?

Sujet : "Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée" écrit Jean-Paul Sartre. Vous discuterez cette affirmation en vous demandant si le rôle de la littérature est de dénoncer.


La première chose à faire face à ce sujet est de l'analyser. Pour cela, on repère les mots clés et les connecteurs logiques.

Ça donne :

"Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée" écrit Jean-Paul Sartre. Vous discuterez cette affirmation en vous demandant si le rôle de la littérature est de dénoncer.

Ces 3 mots sont les mots importants. La relation entre plume et épée montre que Jean Paul Sartre est un écrivain engagé. Ensuite, on remarque que "epée" fait partie d'une métaphore et qu'elle est associée à "dénoncer". Enfin, le mot "discuterez" signifie que notre réponse sera nuancée.

On dégage maintenant la problématique. Elle guidera tout le devoir.

On peut choisir la problématique la plus simple, celle qui saute aux yeux :
Le rôle de la littérature est-il de dénoncer ?
Ou on peut, idéalement, faire ressentir la tension et la nuance à apporter à notre dissertation :
La littérature est-elle nécessairement synonyme d'engagement ?

On peut déjà deviner les 3 axes sans avoir mis à plat nos idées. En effet, le mot "nécessairement" de la problématique et "discuterez" du sujet, permettent de construire un plan dialectique :

I- Le rôle de la littérature est de dénoncer
II- Cependant, la littérature comporte d'autres fonction
III- La littérature peut dénoncer tout en ayant une autre fonction


Maintenant que nous avons nos axes de posés, on se pose tranquillement pour noter toutes les idées qui nous passent par la tête. Les références  les auteurs, les citations, les courants, les époques et surtout les oeuvres.

D'après ma prof de français, notre brouillon devrait donner ça :


I- Le rôle de la littérature est de dénoncer
a) Argumentation explicite
- Pamphlet : le discours sur le colonialisme, Césaire, 1955
- Encyclopédie : les lumières
- dialogue : supplément au voyage de bougainville, diderot
- Essais : essais de montaigne
- Lettres ouvertes : zola "j'accuse"
b) Argumentation implicite
- conte philo' : candide de voltaire
- fables : la fontaine
- théâtre : grande comedie de molière
- skecthe : pierre desproges
- des tableaux, des films ....


Concernant l'introduction, elle doit contenir une accroche, ensuite on reformule le sujet et on l'explique puis on expose la problématique. Enfin, on énonce notre plan.


Les erreurs à ne pas commettre et les conseils :

1. Rédiger toute la dissertation au présent. Bannir le passé simple ! Même les résumés des livres se font au présent.
2. Deux ou trois exemples par sous-partie suffisent. Inutile d'en mettre des tonnes. Au contraire, mieux vaut 3 exemples avec de bonnes explications, de bons résumés (au présent !!), bien démontrer que l'exemple est valable plutôt que de mettre 8 exemples avec une phrase d'explication.
3. Présentation de la copie :





Introduction + première grande partie de ma dissertation (si j'avais été noté, j'aurais sans doute eu 8/10) :


                                               La littérature est utilisée par certains écrivains, de toutes époques confondues, comme un outil. Elle leur permet notamment de dénoncer des inégalités et de défendre des causes par le biais de l'argumentation. « Longtemps j’ai pris ma plume pour une épée », écrit Jean-Paul Sartre, auteur du 20ème siècle appartenant au mouvement de l’existentialisme. Il met ainsi en évidence l’idée de combat qui se dégage de la littérature. On peut alors se demander si la littérature est nécessairement synonyme d’engagement. Dans une première partie, nous étudierons à travers différentes formes comment la littérature permet de dénoncer puis nous verrons que le rôle de la littérature ne doit pas se limiter à cette seule fonction enfin notre  étude portera sur les multiples facettes de la littérature qui lui permettent d’allier combat et divertissement.

                               Le rôle de la littérature peut être de dénoncer.  En effet, en employant une argumentation implicite ou explicite, les auteurs s’élèvent, à travers leurs écrits, contre des faits 
                         Tout d’abord, une argumentation directe est basée sur des genres littéraires sérieux et une stratégie argumentaire convaincante.  De nombreux auteurs appartenant à diverses époques, se sont engagés dans la défense d’idées et de valeurs qui ont marqué leur temps. Prenons l’exemple de la colonisation, fortement critiquée au siècle des Lumières et encore de nos jours. Supplément au voyage de Bougainville est un dialogue fictif écrit par Diderot en 1796 dans lequel il s’oppose vivement à la politique coloniale de la France à travers la voix du vieux tahitien. Ce dialogue est une arme redoutable pour faire réfléchir les européens sur les nouvelles civilisations qu’ils rencontrent, à la fois différentes par leurs mœurs mais égales par leur humanité. Afin de faire adhérer le lecteur à sa thèse, Diderot se glisse dans la peau d’un personnage de crédit qui dresse un violent argumentaire contre Bougainville, un explorateur français. Dans ce dialogue, il blâme l’Europe et les colonisateurs en général en utilisant une stratégie argumentative élaborée.  En effet, les questions rhétoriques, les phrases exclamatives ou encore l’impératif sont utilisés afin de critiquer le colonialisme et ses impacts sur les populations. Ces procédés sont repris par Aimé Césaire son pamphlet Le discours sur le colonialisme publié en 1950. L’auteur y dénonce avec force, l’implantation coloniale de l’Europe sur des territoires extra-européens ainsi que la violence et les injustices présentes dans les colonies.De même, d’autres écrivains s’engagent dans certaines affaires et défendent ainsi des personnes ou des principes. Zola, dans un article de presse de 1898  écrit « J’accuse … !» une lettre ouverte dans laquelle il prend position dans l’affaire Dreyfus. Son article polémique prend la forme d’une lettre ouverte au président de la République dévoilant ses talents d’orateur. En effet, il y utilise de nombreux procédés oratoires tels que les phrases exclamatives ou les anaphores. Cette lettre est d’autant plus forte qu’il utilise des hyperboles et un vocabulaire riche et agressif portés par un rythme vigoureux et rapide.« Moi, j’écris pour agir », disait Voltaire. Et c’est dans ce même état d’esprit que des auteurs comme Montaigne avec Les essais ou comme Montesquieu et ses Lettres Persanes ont analysé avec soin puis mis en forme de différentes manières un principe à critiquer ou à défendre. Cependant, cette argumentation directe comportait des risques. En effet, Montesquieu n’avoue pas qu’il était l’auteur des Lettres Persanes et Zola fut condamné pour diffamation publique avec « J’accuse .. ! ».
                
L’argumentation indirecte est une manière de contourner les interdits et d’exprimer librement sa pensée en privilégiant les sentiments dans les écrits. En effet, les auteurs peuvent dénoncer des injustices par le biais d’une morale ou avec des personnages sous forme d’animaux.
Par exemple, Les Fables de la Fontaine publiées entre 1668 et 1694 sont une sorte d’apologue dans lesquelles La Fontaine fait une critique sociale et universelle de l’homme à travers les animaux. Les Fables de La fontaine sont les poésies les plus connues du Classicisme. La portée de l’œuvre est donc importante malgré le fait que ce genre littéraire ait été rejeté au 17ème siècle. De nos jours, les Fables de La fontaine sont même étudiées à l’école, son aspect ludique ayant séduit les plus jeunes.  Les Fables de la Fontaine reposent sur des personnages stéréotypés s’inspirant de personnages réels et sur l’enseignement que l’on tire de ses histoires. Par exemple, dans « Le corbeau et le Renard », La fontaine dénonce la flatterie dont font preuve les courtisans envers le roi ainsi que l’orgueil de celui-ci. Cependant, ce message est implicite dans l’œuvre. La critique étant détournée, elle a plus de poids.
Par ailleurs d’autres apologues, les contes, comme le Petit Chaperon Rouge de Charles Perrault, maintenant destinés aux enfants, possèdent eux aussi une morale et critiquent un fait de la société. Perrault donne des traits humains aux animaux et met en scène une situation afin que celle-ci aboutisse à une morale. Dans le cas présent, Charles Perrault dénonce, à travers le personnage du loup, le caractère de certains hommes ainsi que leurs intentions envers les jeunes filles. Là encore, la portée est d’autant plus grande que le message est implicite. En effet, aux yeux des enfants, la morale est de ne pas se fier aveuglément aux gens mais après une étude plus poussée il s’agit d’un avertissement contre la violence et les abus liés à la sexualité.
Le conte philosophique est une sous-catégorie de l’apologue. Le plus connu est Candide de Voltaire, parut en 1759. Il retrace l’aventure d’un jeune naïf éduqué par des principes Leibnizien, mené d’un pays à l’autre à la recherche de Cunégonde, sa bien aimée. Le fil conducteur de ce récit est l’ironie que l’on retrouve dans chaque chapitre. En effet, la thèse de Leibniz « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » est réfutée et il en ressort de nombreuses morales qui font de ce compte, un conte philosophique. Parmi celles-ci nous retiendrons « Il faut cultiver son jardin » qui est une métaphore du savoir, Voltaire défendant les principes des Lumières.
Cependant, l’argumentation qui privilégie les sentiments ne contient pas que des genres possédant une morale. Le genre théâtral est aussi utilisé pour dénoncer les travers de la société. En effet, dans Les Femmes Savantes de Molière, il critique habilement le comportement ainsi que la façon de parler des femmes qui se pensent savantes et éprouvent de l’admiration pour les gens orgueilleux et sans talents. Il utilise donc beaucoup d’hyperboles afin de caricaturer ces femmes et ainsi les tourner en ridicule ainsi que des procédés récurrents au théâtre comme les comiques de caractère, de situation ou de mot.
Le roman, longtemps remis en question, est un genre qui peu parfois dénoncer. La Peste, de Camus, parut en 1947, raconte la vie de personnes touchées par la peste qui sont coupées du monde extérieur, enfermés dans leur propre ville. Ce roman dénonce la montée du nazisme. En effet, le nazisme était alors surnommé « La peste brune » et gagnait du terrain. Il condamne aussi les religieux qui tombent dans l’excès et une presse qui manipule les informations à sa guise.
Enfin, nous aborderons le genre de la comédie et plus particulièrement du sketch. Pierre Desproges est un humoriste français réputé pour son humour noir. Il a écrit notamment Les rues de Paris ne sont plus sures qui allie dénonciation et humour dans un contexte satirique. En effet, à travers des personnages très patriotique et raciste il dénonce le racisme qui s’installe chez les français, envers les arabes. Il conclue son sketch par un passage décalé dont la tonalité est très différente de celle du reste du sketch. En effet, à la suite d’un jeu de lumière, il prend un air sérieux pour expliquer que son ami épicier arabe s’est fait agressé. Les antithèses, les zeugmas et les insultes prennent part à la dénonciation des préjugés et de  la violence qui s’installent peu à peu à Paris.
L’engagement de l’auteur de la littérature n’est pas facultatif. En effet, La littérature comporte bien d’autres fonctions comme celle d’instruire ou de divertir.