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Question sur corpus : Le pain

En quoi ces trois extraits font-ils du pain un aliment extraordinaire ?

Texte 1 : Le pain, Francis Ponge, Le Parti-pris des choses, 1942 p.39
Texte 2 : Le pain, section 15, Une gourmandise Muriel Barbery 2000
Texte 3 : Le Toast, section 21, Une gourmandise Muriel Barbery 2000

Intro :

Présentation des trois textes. Faire des liens entre les textes, ne pas les traiter séparément. Problématique. Plan.


Exemple de plan n°1 :

I- Bienfaits et qualités du pain
II- Dimension spatiale
III- Personnification

Exemple de plan n°2 :
I- Un aliment essentiel mis en valeur
- champ lexical du pain
- les titres
- les périphrases
- reprises pronominales
II- Le plaisir de le manger
- métamphores
- hyperboles
III- Un aliment fantastique
- paysage
- métaphore filée : pain=chateau
- microcosme
- les trois règnes (animal, végétal, minéral)

Lecture analytique : Une gourmandise, Muriel Barbery (2000), l'explicit

Texte 13 : L'excipit, un passionné. De la gastronomie à la simplicité.
(p.166)



Intro : L’enquête sur la saveur recherchée touche à son but comme l’indique le titre de la section. En quoi la fin du romance est-elle une double révélation, à la fois sur la saveur recherchée mais aussi le Moi profond du personnage ?


I-                     Une fin attendue ?
a)       Ma mort annoncée du personnage
-          « je meurs » : deux derniers mots du  roman. Présent de narration, côté tragique, théâtral
-          « avant que je ne trépasse » : subordonnée circonstancielle de temps
-          «  au crépuscule de ma vie » « l’heure de ma mort » : métaphore temporelle, peu de temps à vivre
-          « j’aurais pu » conditionnel passé : regret
-          « toute ma vie durant » x2 : sa vie touche à sa fin
-          « terminer le festin » métaphore de sa vie qui s’achève
-          « seules les dernières seraient mâchées, et remâchées avec le désespoir de la fin imminente » : hyperbole
Au niveau narratif, pas de surprise, le retournement se situe d’avantage dans la révélation du personnage à travers la simplicité de la saveur cherchée
b)       Une solution étonnante
-          « Cette sensation-la »  emphase, sensation unique
-          Nombreuses occurrences « chouquette » x4 : la simplicité du met recherché contraste avec le statut du psg
-          Champ lexical des ingrédients de la chouquette
-          « ces chouquettes de supermarché » : la chouquette n’est pas mise en valeur
-          « doigts poisseux » : simplicité de la façon de manger
-          « avaler » « mâcher et remâcher » « plaisir brute » « authentique » « langue » « mâchoire »: acte mécanique
L’évocation de cette chouquette vient donc contredire le caractère exigeant du psg mais confirme aussi ses passions développées tout au long du roman
II-                   La confirmation des passions
a)       Un personnage centré sur lui-même
-          Omniprésence de la première personne
-          Absence d’évocation de ses proches sauf de Paul cependant associé à « importe peu »
-          « noyau de nous-mêmes » « notre propre jouissance » : très individuel
Même dans l’évocation de Dieu, on a un retour sur soi. Le roman est construit sur ses souvenirs à lui.
-          Souvenirs abordés avec de l’imparfait
b)       La critique gastronomique
-          « on a beaucoup écrit … bouchée » : gradation ternaire : l’écriture est lié à al nourriture
-          Importance de l’écriture : occurrence du verbe écrire
-          Hyperbole « toute ma vie durant, écrire pour elle »
-          « ineffable » « indicible » : la critique culinaire est un art
-          Lyrisme gastronomique : oxymore « un indicible ballet fondant et croustillant »
-          Douces transitions, virgules, rappelant la chouquette
Sous la plume du critique, la chouquette devient poésie.  La poésie de l’écriture gastronomique explose dans cet explicit qui poursuit et renchérit dans le style hyperbolique pour évoquer la saveur
III-                  Le délire libérateur
a)       Sensualité de la chouquette
Comme la viande dégustée à Tanger dans l’enfance, la chouquette revêt un plaisir charnel inattendu
-          Champ lexical du corps « langue » « bouche » « joue » « dents » « doigt » « mâchoire » « muqueuse »
-          Hyperboles « bouche orgasmique » « l’apothéose d’un désir authentique et d’un plaisir sans mélange »
-          « je l’avalais rapidement parce qu’il y en avait encore 19 autres à connaître » personnification
-          Métaphore filée de la caresse « effleurement » « douceur » « sans heurt »
-          Connotations sexuelles « sensuelle » « indécente »
Juste avant sa mort, le personnage revient à des élans humains fondamentaux : sensualité et spiritualité
b)       Spiritualité du plaisir gustatif
-          Champ lexical de la religion « dieu » « divin » « amen » « sacrifié » « mystique » « offrande »
-          « au nom du père, du fils et de la chouquette » : parodie de la prière chrétienne. La chouquette remplace le St esprit
-          Le plaisir est tellement intense qu’il atteint Dieu « j’ai atteint dieu »
-          « La chouquette était l’assomption de ma force de vie et d’exister » : le personnage a enfin trouvé la saveur, il peu mourir tranquille
-          Il explique sa propre conception de Dieu « Dieu c'est-à-dire »
-          « la question ce n’est pas de manger, ce n’est pas de vivre, c’est de savoir pourquoi » : vérité générale finale indique que c’est une quête de la saveur mais surtout de lui-même
-          « après tant d’années d’errance » : cf biblique à la brebis égarée

Conclusion  : La piste de la simplicité était donc la bonne. Reconversion à ce qu’il aime vraiment loin des « désirs glorieux » « : la nourriture simple et l’écriture gastronomique. C’est à cela que correspond cette « illumination » au de la de toute ce que le lecteur a pu glaner comme informations sur lui au fil du livre. Le titre de l’œuvre trouve alors tout son sens ; cette saveur tant recherchée n’est qu’une toute simple gourmandise

Lecture analytique : Une gourmandise, Muriel Barbery (2000), Lotte, la petite fille lucide

Texte 12 : Lotte, la petite-fille lucide
(p.95-97)




Intro : Au fil du roman, les narrateurs se succèdent révélant tour à tour et peaufinant un portrait de plus en plus précis de l’odieux personnage principal. Dans la 16ème section au centre du roman, cette polyphonie donne la parole à Lotte, la petite-fille du critique mourant. 
En quoi la parole de l’enfant se montre-t-elle particulièrement propice à énoncer des vérités sur les personnages qui l’entourent ?

I-                     L’innocence de la narratrice
a)       Son langage
-          Surnoms familiers « Granpy » « Granny » « Maman »
-          La syntaxe
-          « et puis » x4
-          « et »
-          Répétition, lourdeur
-          Parataxe
-          « j’aime bien » / « j’aime pas » : opinion affirmée
-          Déformation des mots « Rudgrenèle »
-          Interjection « zou »
-          « bizarre » : maladroit
-          « c’est » « voila » « voici » : présentatif
-          mauvais temps utilisé l.1
-          « parce que » +subordonnée
Le langage enfantin nous plonge dans la conscience du personnage. Le lecteur a accès à la voix intérieure.
b)       Son âge
-          Lotte : diminutif affectueux
-          Champ lexical du jeu « histoire » x3 « jouer » « jouais » « rire » « square »
-          « histoires de grandes personnes »/  « enfants »
-          « venez les enfants » : apostrophe
-          « gros yeux tout noir » : hyperbole -> merveilleux
-          Métaphores et comparaisons avec les galets l.13
-          Evocation du chat Rick
La voix d’un enfant rend le lecteur confiant, absence d’hypocrisie contrairement à d’autres voix du roman. Malgré son jeune âge, elle apparait très lucide.
II-                   Lucidité
a)       Une connaissance du monde qui l’entoure
-          Nombreux verbes qui renvoient à la connaissance « je sais »
-          « Jean est malade, oui il est très malade » : épanorthose -> certitude
-          Interjection « oui » : conviction de l’enfant
-          « Quand je pose des questions » l.41 : présent d’habitude -> volonté de comprendre
-          « je sais aussi beaucoup d’autres choses » : adverbe quantitatif + pluriel -> renvoie à l’étendue de ses connaissances
-          « ça je le sais » : formule emphatique + déplacement repris pas un pronom
-          Sentiments révélateurs sur son grand-père : « j’aime bien Granny, mais je n’aime pas Granpy » : antithèse -> fruit d’une réelle lucidité sur le monde qui l’entoure
b)       Une compréhension au delà des apparences
-          « Granpy malade ? » : remise en question de la parole de l’adulte
-          L.41 : essaye de détourner + reprise anaphorique de « que » + conjonction  de coordination adversative « mais -> elle ne se contente pas de croire sa mère
-          « mais je voyais bien que Granny était triste » : antithèse
-          Chiasme l.52 : structure complexe qui s’inscrit dans une situation complexe que l’enfant comprend
III-                  Des vérités qui surgissent
a)       Une famille déstructurée
-          « Granpy » x10 ; « Granny » x9 ; « maman » x4 -> la petite fille révèle les problèmes inhérents à la famille
-          Compléments du nom : « fille de la sœur de Paul » -> embrouille le lecteur
-          Accumulation de gens présent au diner l37, la phrase avance par sursaut
-          Parallélisme + antithèse « aimer » « détester » -> évoque les haines familiales +  « aimer » associé à une négation
-           Anaphore « que » : lourdeur -> poids de la tension familiale
Le centre de ces tensions familiales à travers le regard de la fillette apparait très vite être le personnage principal
b)       Le blâme du personnage principal
-          Antithèse « j’aime » « j’aime pas »
-          Epanorthose l.4 : pire qu’au début de la phrase. Odieux avec des petits enfants
-          Epanorthose l.28 + italique
-          « il me fait peur, il a des gros yeux tout noirs, il est pas content de nous voir » : accumulation +paronomase
-          « Il n’aime pas les histoires, il n’aime pas les enfants » : tournure binaire -> personnage misanthrope
-          Paroles rapportées « qu’on les fasse taire » : subjonctif injonctif. Inhumain.
-          Granpy était parti, on ne l’a plus revu » : rupture avec sa famille
Conclusion :
Ainsi, à travers le regard inattendu d’une simple fillette, le lecteur se voit confirmer la situation familiale tendue et les défauts du terrible personnage principal. Le regard neuf et authentique porté sur la situation apporte une dernière touche au portrait péjoratif du critique. 

Lecture analytique : Une gourmandise, Muriel Barbery (2000), Jean

Texte 11 : Le fils Jean. Un père odieux.
(p.50-52)

(Jean)

Café des Amis, XVIIIe

Vieille outre purulente. Charogne putride. Crève, mais crève donc. Crève dans tes draps de soie, dans ta chambre de pacha, dans ta cage de bourgeois, crève, crève. Au moins, on aura ton fric, à défaut d'avoir eu ta faveur. Tout ton fric de ponte de la bouffe, qui ne te sert plus à rien, qui ira à d'autres, ton fric de propriétaire, le fric de ta corruption,  de tes activités de parasite, toute cette bouffe, tout ce luxe, ah quel pillage…Crève… Autour de toi, ils se pressent tous- maman, maman devrait pourtant bien te laisser mourir seul, t'abandonner comme tu l'as abandonnée, mais, elle ne le fait pas, elle reste là, inconsolable, à croire qu'elle est en train de tout perdre. Je ne comprendrai jamais cela, cet aveuglement, cette résignation, et cette faculté qu'elle a de se convaincre qu'elle a eu la vie qu'elle désirait, cette vocation de sainte martyre, ah, merde, ça me débecte, maman, maman… Et puis il y a cet enculé de Paul, avec ses airs de fils prodige, ses tartufferies d'héritier spirituel, qui doit ramper autour du lit, veux-tu un coussin mon oncle, veux-tu que je te lise quelques pages de Proust, de Dante, de Tolstoï ? Je ne peux pas le blairer, ce mec-là, une belle ordure et qui se tape des putes rue Saint-Denis, je l'ai vu, oui, je l'ai vu qui sortait d'un immeuble par là… Oh et puis à quoi ça rime, hein, à quoi ça rime, de remuer tout ça, de remuer mon aigreur de vilain petit canard et de lui donner raison : mes enfants sont des imbéciles, il disait ça tranquillement devant nous, tout le monde était gêné, sauf lui, il ne voyait même pas en quoi c'était choquant non seulement de le dire mais de le penser ! Mes enfants sont des imbéciles, mais surtout mon fils. On n'en fera jamais rien. Mais, père, tu en as fait quelque chose de tes marmots, ils ne sont rien d'autre que ton œuvre, tu les as hachés menus, débités, noyés dans une mauvaise sauce et voilà ce qu'ils sont devenus : de la boue, des ratés, des faibles, des minables. Et pourtant ! Pourtant tu aurais pu en faire des dieux, de tes mômes ! Je me souviens comme j'étais fier lorsque je sortais avec toi, quand tu m'emmenais au marché, au restaurant ; j'étais tout petit, et toi, tu étais si grand, avec ta grosse main chaude qui me tenait fermement, et ton profil, en contreplongée, ce profil d'empereur, et cette crinière de lion ! Tu avais fière allure et j'étais comblé, comblé d'avoir un père tel que toi…Et me voici plein de sanglots, la voix brisée, le cœur rompu, détruit ; je te hais, je t'aime et je me hais à en hurler de cette ambivalence, cette putain d'ambivalence, qui a bousillé ma vie, parce que je suis resté ton fils, parce que je n'ai jamais rien été d'autre que le fils d'un monstre !
Le calvaire, ce n'est pas de quitter ceux qui vous aiment, c'est de se détacher de ceux qui ne vous aiment pas. Et ma triste vie se passe à désirer ardemment ton amour refusé, cet amour absent, ô bonté  divine, n'ai-je donc rien de mieux à faire que de pleurer sur mon triste sort de pauvre petit garçon mal-aimé ? II y a pourtant bien plus important, je vais mourir bientôt moi aussi, et tout le monde s'en fout, et je m'en fous moi aussi, je m'en fous parce que, en ce moment, il est en train de crever et je l'aime de salaud, je l'aime, oh merde…




Intro : Le roman est construit de façon a ce qu’il y ai une alternance entre le personnage principal et ses proches. C’est le blâme du père. 
En quoi le témoignage de son fils Jean dresse-t-il un blâme du personnage principal ?

I-                     La colère du fils
a)       Un jeune homme sous tension
-          4 phrases exclamatives : colère et haine contre le père
-          Interjections
-          Forme négative absolue « ne … jamais » l.15 : colère et incompréhension
-          « calvaire » l.60 : hyperbole
-          «  à en hurler » l.55 : hyperbole
-          « ô bonté divine » l.64 : apostrophe + ô lyrique -> plainte
-          Evocation de son cousin Paul -> caricature
-          Accumulation « Proust, Dante, Tolstoï » : pompeux
-          Rythme rapide
b)       Familiarités
-          Lexique familier voire vulgaire « crève » « fric » « bouffe » « merde » « enculé » « débecte » « ordure » « blairer » « pute » « marmot » : la colère est à son paroxysme
-          Insulte « belle ordure » : antithèse
-          « ce mec-la »
-          Syntaxe hachée souvent incorrecte
-          Parataxe : enchainement de répétition « ton fric » + plus de verbes
-          Périphrase insultantes désignant le père « ce salaud » « un monstre »
II-                   La colère contre le père absent
a)       Reproches
-          « crève … bourgeois » -> énumération, gradation, assonance. Critique de sa vie
-          Contraste entre lieux du père et lieu du fils (café au nom populaire)
-          « Mes enfants sont des imbéciles » x2 -> « choquant »
-          Métaphore l.81 + accumulation -> cuisine
-          Complexe d’infériorité causé par le père + métaphore de la  boue
Jean profite de cette attaque pour y répondre.
b)       Attaque directe
-          Deuxième personne : pronoms + déterminants
-          Apostrophes insultantes : phrases nominales
-          Récurrence impératif extrêmement violent « crève » x7 -> haine très forte
-          « père » / « maman » -> proximité/distance
-          Conditionnel passé « tu aurais pu » -> échec
III-                  L’amour du fils qui persiste
a)       Des sentiments révélateurs
-          Jaloux de Paul « air » « tartufferies » + « fils héritiers » -> aurait aimé être à sa place
-          La tristesse l.51 : gradation
-          « mon triste sort de pauvre petit garçon mal aimé » « vilain petit canard » : solitude, auto-exclusion
-          Proverbe l.60 + présent vérité générale -> attaché à son père
b)       Retour aux valeurs familiales
-          Récurrence « maman » x4 : accentue la relation + affection
-          Champ lexical famille
-          « on »  + « nous » : s’inclue dans la famille
-          « fils prodigue » cf Bible. L’attachement père/fils est indestructible
-          Enfance de Jean :
- sorties familiales l.46 : énumération -> Activités en commun, nostalgie
- épanorthose l.52 : éloge du père
- antithèse grand/petit -> protection, rassurant
- métaphore valorisantes révèlent l’admiration
c)        Ambigüité des sentiments
-          « je te hais, je t’aime » : parallélisme antithétique
-          « je l’aime ce salaud » : antithèse
-          Epanorthose l.55
-          « je vais mourir » : prononce même phrase que son père
-          Paroles du père + réponse du fils l.38 : dialogue


Conclusion :
Après sa prise de parole, le portrait que son fils fait de lui vient compléter l’image du personnage principal qui se construit chez le lecteur. La colère de Jean cache aussi bien une déception et une grande admiration pour son père. Le passage contribue ainsi à mettre en valeur les déséquilibres du fils mais aussi des facettes à la fois insupportables et admirables du personnage principal dont les enfants ne peuvent se détacher. C’est bien dans cette complexité que le critique culinaire se construit, au fil des voix qui se succèdent dans ce roman. 

Lecture analytique : Une gourmandise, Muriel Barbery (2000) , l'incipit

Texte 10 :  L'incipit, une saveur à retrouver
(p.11-14)


Intro : L’incipit est une sorte de pacte de lecture avec le lecteur. Il présente le personnage principal. Il a un rôle primordial. Il garantit la compréhension et la séduction du lecteur. 
Dans l’œuvre étudiée, il existe une sorte de paradoxe. En effet, le personnage se présente en nous annonçant sa mort. On peut se demander de quoi va parler le roman étant donné que le personnage principal est déjà mourant.


En quoi la voix du personnage permet-elle une présentation efficace de ce critique gastronomique ?



I-                     Une passion pour le gout
a)       Une vie de nourriture
-          Le titre du roman « Une gourmandise »
-          Les titres des sections, ex : « La saveur » pour l’incipit
-          Mise en exergue du mot « saveur »
-          Champ lexical du repas « table » « festin » « gouté » « savourant » « repus » « mets » « gastronomique » « toque » « agape » « cuisine »
-          « des décennies … » l.54 -> deux accumulations + hyperboles
-          « flots de vin » : métaphore
-          Indications de temps « une vie » « décennie » « à toute heure » -> la nourriture est l’essentiel de sa vie. Exclusivité autour de la nourriture.
-          Personnification l.59 -> estomac et foie, seuls amis + majuscules
b)       Le plaisir
-          Hyperbole « agapes somptueuses »
-          « les plus grandes tables de France » -> métonymie
-          « savamment orchestré, minutieusement cajolé » : parallélisme
-          « repus de l’excellence des mets …. Excellence » -> accumulation qui montre que le plaisir de manger et le plaisir de la possession du pouvoir se rejoignent.
II-                   Un personnage de pouvoir
a)       La puissance du critique gastronomique
-          « rue de Grenelle » : rue chic, personnage riche
-          « le plus grand critique gastronomique du monde » : superlatif + hyperbole
-          « cet art mineur s’est haussé au rang des plus prestigieux » -> antithèse
-          Forte présence de la première personne + « a moi et à moi seul » « moi-même » -> égocentrique
-          Enumération de villes situées sur 5 continents l.30 + anaphore -> insiste sur sa renommée, son pouvoir
-          « la gloire … Marquet » : accumulation + métaphores
b)       Un tyran ?
-          Champ lexical du pouvoir « rois » « monarque » « consul » « seigneur » « maitre »
-          Métaphore filée qui faire du narrateur un roi
-          « prenais possession de la table » -> coup d’état culinaire
-          « cette extase de la puissance sans frein » l.15 : hyperbole
-          « les soleils l.3 -> cf Louis XIV ?
-          « comme le consul » l.8 : comparaison -> insiste sur le caractère particulièrement tyrannique du personnage
-          « pour l’éternité, oui l’éternité » : démurge, hyperbole. + « oui » dimension orale
-          « pour l’éternité j’ai épinglé …. papillons » -> métaphore filée entomologique. Soif de pouvoir absolu.
Cependant, alors que le personnage principal apparait tout puissant, il laisse entrevoir ses failles comme le montre l’antithèse l.46
III-                  Les failles du maitre
a)       La mort imminente
-          Anadiplose ou chiasme l.57-58
-          « je vais mourir » x3 + présent à valeur de futur proche
-          « 48h » x2
-          Style directe qui annonce la mort
-          « tant le coupeur s’est aiguisé rapidement » : métaphore mort/cuisine
-          Utilisation des temps du passé (passé composé et imparfait) -> vie terminée, fin proche
-          Contraste avec le présent -> présent de la mort
-          « je meurs » l.60 : le lecteur assiste à la mort du personnage
b)       Le cœur
-          Polysémie :
- organe : « c’est mon cœur qui me lâche » métaphore
- sentiments « détient la clé d’un cœur »
-          Le narrateur de semble pas être capable d’ouvrir son cœur à autre chose que la nourriture
-          Métaphore l.62 : remise en question qui donne de l’humanité au personnage
-          Expression de sentiment : les phrases exclamatives « quelle ironie ! » « quelle amertume ! » -> prise de conscience
c)        Incapacité à retrouver LA saveur
-          La forme négative « je ne parviens pas » « je ne trouve pas »
-          Récurrence du mot « saveur »
-          « cette saveur-la » : forme emphatique
-          « c’est une saveur »
-          « une saveur oubliée, nichée au fond de moi-même » : phrase nominal dont le noyau est la « saveur »
-          « une saveur d’enfance ou d’adolescence » : tournure binaire + paronomase + antithèse début/fin de vie -> cette tournure binaire renvoie à une période de la vie où on aime la simplicité dans les mets ce qui contraste avec les plats sophistiqués que critique le personnage.
-          Cette simplicité est « la seule vérité »

Conclusion : Incipit déroutant, le personnage principal, narrateur, apparait antipathique, égoïste et tyrannique. Il a les caractéristiques de l’antihéros. L’intrigue est aussi déroutante, est absente puisque le personnage st presque mort. Le lecteur comprend qu’il va être invité à suivre le critique gastronomique à travers ses souvenirs afin de retrouver la vérité de sa personne, plus humaine. Le roman semble donc se présenter comme une dilatation de l’épisode de la Madeleine de Proust : il faut aller au bout de la réminiscence et éluder la mystère de cette ultime saveur.